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Un etranger qui vient en Inde acquiert la patience s'il n'en a pas et la perd s'il en a. (Proverbe indien)
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Comportements professionnels

Antoine | 16 October 2008

8h15 à Bangalore.
Derrière la tasse de café brulant, la porte donne sur les branches du cocotier qui paresseusement envahissent la terrasse.
Le Soleil revient timidement ces jours-ci et la ville se réveille cahin caha de cette longue période pluvieuse.
Eu hier soit un diner d’équipe.
Au bureau, j’essaye d’apporter sans l’imposer, une vision plus européenne du management.
Pas de cris, pas d’ordres intempestifs, et une responsabilisation de chacun des membres que j’encadre.
Depuis 14 mois, je crois avoir eu un taux de renouvèlement ou turn over de 90% . J’ai donc pu voir une pléiade de comportements, même si venant des trois meilleurs collèges de Bangalore, il existe tout de même un socle commun à l’éducation de “mes” juniors.

Il y a le soumis. Celui qui n’a jamais arrêté de m’appeler “sir”. Qui courbait la tête à chacune de mes intervention. Et à qui j’ai demandé un jour s’il comprenait ce qu’il faisait. A sa réponse négative, je lui ai demandé pourquoi il agissait. Sa réponse a été simple. Parce que je lui demandais.
Il y a le prétentieux. Celui qui dit toujours oui, d’un air respectueux. Mais qui jamais, jamais ne fait ce qu’on lui dit. Quelque soit le ton employé. Ce personnage représente pour moi l’archétype de ce en quoi j’ai cru pouvoir définir les Indiens à mon arrivée. Et 14 mois de présence ici m’ont totalement amené à penser le contraire.
Il y a le “dedicated”. C’est celui là qui dans un futur proche ou lointain, dirigera l’Inde. Je suis frappé par sa Noblesse. Le genre de personne qui connait son travail sur le bout des doigts.
Il va diner puis revient au bureau pour finir, uniquement car il lui serait inconcevable de laisser tomber ses collègues, même s’il est payé une misère et, ce qui est insensé dans ce dernier cas, sans aucune vision carriériste de son emploi. Travailler ici est un passage.
La majorité des gens qui travaillent en effet dans mon agence sont “fresher”, c’est à dire juste sortis de l’équivalent du lycée. Ils n’ont pas du tout l’intention d’évoluer plus tard dans le (merveilleux) monde de la Communication (avec un C majuscule :-) ). Il veulent pour la plupart travailler un peu, puis continuer des études aussi diverses que la littérature, l’économie ou les mathématiques.
Mais quelque soit leur futur, le travail d’aujourd’hui doit être fait. Et bien fait.

On croyait que les indiens pouvaient subtiliser les emplois européens de par leur habilité à parler anglais, et grâce à leur culture tentée d’Europe.
Il me semble que le paramètre le plus important a été oublié.
Celui d’une furieuse envie de réussite.

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« Bangalore French Cheese club – Rappel Dredi »

4 responses

Alex | 17 October 2008

J’ai a peu pres les memes profiles mais il y a aussi le pretentieux qui dit tout connaitre et ne sait rien mais il te dit qu’il apprendra vite sans souci… En fait ce n’est pas toujours l’envie de reussir, c’est de ne pas se poser de question, on y va sans se soucier des contraintes.
La ou l’occident avance en mesurant le risque, les indiens ne le mesure pas et ainsi vont vite….. parfois dans le mur.

Je suis dans l’IT et ce qui me frappe dans cette activite c’est la soif d’argent et la position atteinte. A la question :”pourquoi changer d’entreprise alors que ca fait pas 1 an” la reponse est invariante : “evolution de carriere, salaire”
Ce sont des celibatiares qui veulent aussi se positionner sur le marcher du mariage et donc la position et l’argent son tres important.

Et dans la rue il y a ceux qui savent qu’un sou est un sou et que c’est dur de le gagner.

A+
Alex

Beatrice Conrad-Eybesfeld | 20 October 2008

Cher Antoine,

Bonjour Antoine,

Ton feuillet m’a intéressé car je suis en train de lire “The 4 hour work week” dans le but d’apprendre à réduire mon travail pour un même résultat. L’auteur parle des VA de l’Inde, des “virtual assistants” avec qui on communique par e mail et qui peuvent résoudre pour toi plein de choses,: faire ton shopping, organiser ton planning, faire ta compta, pour des coûts assez faibles et ,paraît il, avec une grande compétence…. Toutes ces propositions ne me concernent pas encore, mais le principe m’a intéressé..

A part ça je re travaille sur mon livre sur les Aubergines. Si ta voisine a de bonnes recettes, ça m’intéresse.
Comment dit on Aubergine en Indien? Je crois que c’est Brinjal… est ce bien ça?

Je t’embarsse
Béatrice

Antoine | 21 October 2008

@ Alex
La soif de l’argent, de la montée sociale… comme dans pas mal de pays en fait non ? Je crois que la différence vient du sourire et d’une belle énergie positive.
Incrédible India :-)

Antoine | 21 October 2008

@ Béatrice
Ahhh, quel bonheur de te savoir ici !!!!
Des VA, je n’en ai entendu parlé je crois, que dans le bouquin de Friedman, La Terre est plate, passionnant d’ailleurs. Il s’agit de VA entre les USA et ici, un américain ‘pose’ virtuellement un dossier sur le “bureau” virtuel lui aussi d’un indien qui lui rend fait à la fin de la journée (donc de la nuit pour l’américain);
Quant aux aubergines, je ne sais pas comment elles s’appellent mais ici, elles sont petites, rondes et délicieuses ! Je tacherai de me renseigner sur des recettes.

Je t’embrasse fort

A

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Edito

Depuis août 2007 à Bangalore, dans le sud de l'Inde, je réalise deux rêves : découvrir l'Inde et écrire.
Quotidiennement ou presque, je vous rapporte ici ce qu'il m'est donné de voir, de capter et d'apprendre sur et de ce fascinant pays.
Je vais tacher de vous faire sentir cette Inde incroyable, rude parfois, mais chaque jour plus attachante... et espère que vous comprendrez pourquoi, les six mois de détachement chez Ogilvy & Mather Bangalore se sont transformés en un an, puis un an et demi, et qui sait?

Alors bonne lecture et surtout laissez moi des commentaires, c'est un bonheur toujours renouvelé que de voir vos réactions !

A bientôt

Antoine Heftler-Louiche
antoinehl (arobase) gmail (point) com

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