Tombée de nuit
Antoine | 20 February 2011La nuit est tombée sur Bangalore.
Ici c’est au sens propre qu’elle chute sur la ville, après le bref incendie d’un soleil fuyant.
Les lumières apparaissent au dessus des échoppes, rejouant une version made in Karnataka d’un film du génial Miyazaki. Les rickshallaws s’arrêtent sur le bord de la route pour fumer ou acheter un pani puri, ces petites galettes soufflées que le vendeur va remplir d’un mélange de légumes fumants.
Et si l’on s’éloigne un peu de ces petits halos de lumière, on peut deviner, à travers la fumée des gaz d’échappements, les ombres des bus bleu et blanc qui ramènent dans un fracas épouvantable des travailleurs épuisés au regard vide. De temps à autres, et malheur à vous si vous êtes sur la trajectoire, un long jet de pan sort d’une estafette et vient marquer la route d’une cicatrice rouge-sang.
Il semble que la ville s’éveille à nouveau. Pour quelques heures, elle va hurler comme un nouveau né, pleurer des crissements de freins, aussi s’ouvrir aux odeurs des maïs a la vapeur, des barbecues de poulets ambulants, des fleurs et des pelouses qu’on arrose après une journée torride.
On pourrait mettre une bande son cubaine, ou Sud Américaine. Mais il n’y a pas de nonchalance, il nous faut juste embrasser le rythme, et entrer dans la danse d’un tango imaginaire avec Bangalore.





Depuis août 2007 à Bangalore, dans le sud de l'Inde, je réalise deux rêves : découvrir l'Inde et écrire.





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