Comportements professionnels (2)
Antoine | 20 October 2008Les “freshers” qui arrivent ici, directement de l’école, sont souvent perdus.
Les équipes changent tellement vite que personne n’est là pour les former correctement, et le management, dont je fais partie rattrape les morceaux et écoute les découragés.
Il nous faut soutenir les regards perdus et quelques fois un peu désespéré de jeunes de 20 ans qui ne connaissent strictement rien à la vie professionnelle et à qui, en un mois, on demande de maîtriser à la fois les relations clients, les processus de fabrications, les rouages d’agences, la politique, la rédaction au combien périlleuse de briefs, et le respect non moins difficile des échéances.
Chaque jour on se bat pour ne pas les voir partir.
Ne pas tout recommencer à chaque fois.
Essayer de trouver la bonne personne, maléable et solide à la fois en entretient.
Je sais que cela peut paraître un peu redondant à l’article de vendredi dernier. Mais aux cotés des prétentieux et des très bons éléments dont je parlais alors, il existe toute une frange de jeunes qui se battent, et qui littéralement lâchent prise au bout d’un ou deux mois. J’ai beau retourner le problème dans ma tête, le problème n’est toujours pas résolu.
J’ai pensé à la mise en place de binômes,composé d’un “ancien” et d’une nouvelle recrue, mais le temps manque pour que cette formation soit efficace.
Alors je rattrape les morceaux. En essayant de protéger et de former en permanence.
Sisyphe n’est pas loin
Comportements professionnels
Antoine | 16 October 20088h15 à Bangalore.
Derrière la tasse de café brulant, la porte donne sur les branches du cocotier qui paresseusement envahissent la terrasse.
Le Soleil revient timidement ces jours-ci et la ville se réveille cahin caha de cette longue période pluvieuse.
Eu hier soit un diner d’équipe.
Au bureau, j’essaye d’apporter sans l’imposer, une vision plus européenne du management.
Pas de cris, pas d’ordres intempestifs, et une responsabilisation de chacun des membres que j’encadre.
Depuis 14 mois, je crois avoir eu un taux de renouvèlement ou turn over de 90% . J’ai donc pu voir une pléiade de comportements, même si venant des trois meilleurs collèges de Bangalore, il existe tout de même un socle commun à l’éducation de “mes” juniors.
Il y a le soumis. Celui qui n’a jamais arrêté de m’appeler “sir”. Qui courbait la tête à chacune de mes intervention. Et à qui j’ai demandé un jour s’il comprenait ce qu’il faisait. A sa réponse négative, je lui ai demandé pourquoi il agissait. Sa réponse a été simple. Parce que je lui demandais.
Il y a le prétentieux. Celui qui dit toujours oui, d’un air respectueux. Mais qui jamais, jamais ne fait ce qu’on lui dit. Quelque soit le ton employé. Ce personnage représente pour moi l’archétype de ce en quoi j’ai cru pouvoir définir les Indiens à mon arrivée. Et 14 mois de présence ici m’ont totalement amené à penser le contraire.
Il y a le “dedicated”. C’est celui là qui dans un futur proche ou lointain, dirigera l’Inde. Je suis frappé par sa Noblesse. Le genre de personne qui connait son travail sur le bout des doigts.
Il va diner puis revient au bureau pour finir, uniquement car il lui serait inconcevable de laisser tomber ses collègues, même s’il est payé une misère et, ce qui est insensé dans ce dernier cas, sans aucune vision carriériste de son emploi. Travailler ici est un passage.
La majorité des gens qui travaillent en effet dans mon agence sont “fresher”, c’est à dire juste sortis de l’équivalent du lycée. Ils n’ont pas du tout l’intention d’évoluer plus tard dans le (merveilleux) monde de la Communication (avec un C majuscule
). Il veulent pour la plupart travailler un peu, puis continuer des études aussi diverses que la littérature, l’économie ou les mathématiques.
Mais quelque soit leur futur, le travail d’aujourd’hui doit être fait. Et bien fait.
On croyait que les indiens pouvaient subtiliser les emplois européens de par leur habilité à parler anglais, et grâce à leur culture tentée d’Europe.
Il me semble que le paramètre le plus important a été oublié.
Celui d’une furieuse envie de réussite.
Recette
Antoine | 3 October 2008Prenez une équipe de quatre personnes et demi.
Doublez le travail.
Réduisez le nombre de personnes présentes à DEUX.
Agitez
Agitez
Agitez
Et vous obtenez un vendredi épicé comme l’excellentissime byriani que mes voisins m’ont gentiment cuisiné hier.
Début de semaine
Antoine | 22 September 2008Lundi matin.
ThinkPad allumé, Lotus en marche
Encore un peu dans le weekend, déjà un pied dans la semaine.
Dimanche sur la terrasse, comme mes camarades gecko, à emmagasiner le Soleil revenu.
Campagne de pub, Lenovo, Intel, Microsoft… vite tout remettre dans un ordre que, pendant les deux derniers jours, on s’est acharné à défaire.
L’automne a commencé à Paris ?
Au passage
Antoine | 19 September 2008Bangalore, Vendredi à 15h51.
Me suis enfermé dans ma bulle, autour d’une jolie symphonie de Mozart (dont j’ai appris qu’on venait de retrouver une partition d’ailleurs).
Derrière le fichier excel de mon ordinateur, je sens la ruche s’agiter, attendant le signal du départ en weekend, ou de la bière qui devrait arriver d’ici deux heures au bureau.
Pas grand chose de prévu ce weekend, si ce n’est profiter de la chute spectaculaire de la roupie.
16h46
Je reviens d’un entretien avec un junior potentiel.. Pas le bon numéro. Le turn over est le facteur le plus handicapant, avec la corruption bien évidemment, de ce pays. Il me faut gérer un travail monstre avec une équipe réduite au minimum, et minimum étant un bien grand mot…
Pénible parfois de sentir que le fil du rasoir n’est pas loin des bouts de ficelles qui tiennent le système…
Many people - and I think I am one of them - are more productive when they've had a little to drink. I find if I drink two or three brandies, I'm far better able to write.
David Ogilvy






Depuis août 2007 à Bangalore, dans le sud de l'Inde, je réalise deux rêves : découvrir l'Inde et écrire.





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