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Un etranger qui vient en Inde acquiert la patience s'il n'en a pas et la perd s'il en a. (Proverbe indien)
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Revoir Pondicherry & Mahabalipuram

Antoine | 27 July 2009

De retour à Bangalore après trois jours de soleil, de vent doux, et il faut le dire, de bonheur total.
Nous avions commencé à cinq heures du matin vendredi.
Calé dans une Renault Mahindra, nous voila parti pour Pondicherry.
J’y avais été en bus, en avion, jamais en voiture. Cinq heures de routes, au début excellentes puis de plus en plus chaotiques.
Nous croisons des camions qui disparaissent sous leur chargement de canne à sucre, des mobylettes sur lequelles s’entassement  des montagnes de jarres en plastique multicolore.
Nous traversons au pas des villages poussiereux, des champs vert bouteille et d’autres de terre brune que viennent labourer des charrues tirées par de grandes vaches blanches
Les plaines arrides succedent aux montagnes ocres, et les banians, arbres sacrés, remplacent doucement les feuillus du nord montagneux.
Le sel est récolté à l’ancienne, et les tas blancs font un spectacle qui m’émerveille à chaque fois.

Et puis c’est le calme au bord de la mer dans un endroit secret, un oasis non loin de Pondi, ou nous nous écrasons et dormons de notre saoul.

Le lendemain, direction Mahabalipuram.
J’en avais déjà parlé en septembre 2007, si vous voulez retrouver le récit, cliquez ici : .
Troisième fois dans ce lieu magique que j’aime tant.
Il y a dans ces sculpture un mélange fascinant de patience, de bravoure, de beauté et de force.
Revenir dans un endroit permets de filer directement revoir un petit détail qui vous a fasciné la première fois, ou de comprendre d’un coup l’organisation magique qui prévaut à la création d’un bas relief d’une dizaine de mètres de haut. D’un coup, ce que l’on avait regardé pour la maestria de la réalisation, ou pour l’histoire de ce qu’elle représente, s’éclaire soudain et l’on réalise que tout tourne autour d’une petite figure un peu excentrée, celle d’Arjuna maigre et barbu, au milieu de la méditation qui lui fera rencontrer Shiva (cf artcle précité ici).
Mahabalipuram est désormais dans les souvenirs de ma petite sœur, et j’en suis profondément heureux.

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Retour à Bangalore dans la nuit hier, d’un mot ne prenez la voiture de nuit que le moins possible, surtout sur cette route Pondicherry /Bangalore. De nuit c’est un cauchemar de phares aveuglants, de piétons au milieu d’une chaussée pas éclairée, et de trous plus dangereux les uns que les autres.

Et maintenant, retour au boulot !

Bon début de semaine à tous, et bienvenus aux nouveaux lecteurs !

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Tamil Nadu day 4 : Chennai et la poussiere

Antoine | 2 October 2007

Que dire de cette journée…

3 heures de taxi dans la poussière, la musique indienne et les klaxons incessants
Une chaleur écrasante à Chennai et la visite d’un musée dans ce qui fut un joyaux, le fort Saint George et qui est maintenant une caserne triste et sans charme ?
Une ville poussiéreuse, industrielle et peu accueillante?
Le sentiment d’être perdu sans pouvoir découvrir un endroit agréable pour se balader?

Peut-être ma première déception indienne. Peut-être que ce que j’avais vu avant ne pouvait souffrir la comparaison.
Il est temps de rentrer.

D’ailleurs, Bangalore me manque.

Je ne sais pas si je vais marchander avec le rickshaw du retour. Ou plutôt si, un peu plus que d’habitude. Pour se sentir vraiment revenir.

Et le weekend prochain, quel est le programme ? :-)

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Tamil Nadu day 3: Pondichéry la Noire et Auroville

Antoine | 1 October 2007

Avant de retrouver Marie et Léo à Auroville pour déjeuner, nous allons explorer le coté noir de Pondichéry.

La ville est en effet coupée en deux, un canal, aujourd’hui à sec, sépare la ville blanche, hôte des colons et des riches familles de la région, et la ville noire, ou s’entassent les autochtones. Le vocabulaire peut paraitre rétrograde et violent, mais je vous assure que la frontière est tangible.
Une fois passé le canal, s’en est fini des routes propres, des arbres calmes et du repos de l’âme, des oreilles et des naseaux.
Le coté noir de la ville n’est qu’enchevêtrements de rues poussiéreuses, ou les camions et les rickshaws se fraient un chemin à coup de klaxons et manquent à chaque instant de renverser le passant un tant soi peu distrait.

L’Inde est de retour, et, je me sens étrangement à la maison des deux cotés du canal. Cette ambiance de magasins de tissus, de marché couvert dans lequel nous nous sommes égarés et qui chatouillait avec violence (notez ici le paradoxe, mes chers petits lecteurs) l’odorat retrouvé du pauvre occidental égaré ici, cette ambiance donc, est vivante, vitale dans son premier sens. On sent encore plus intensément la force incroyable de ce peuple qui ne le sait pour partie pas.

Passage par la suite dans un temple ou un éléphant bénissait benoitement le crane dégarni de quelques indiens, puis l’ashram ou son enterrés les fondateurs d’Auroville, Sri Aurobindo & Mère, puis un rikshaw nous emporte sur les routes poussiéreuses jusqu’à Auroville.

Nous retrouvons, au milieu d’une jungle épaisse, traversée par des routes ocres, Marie et Léonard, pour un déjeuner , bio s’il vous plait, sur la terrasse de leur petite maison aurovillienne.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, je laisserai Internet vous guider sur un approfondissement de ce qu’est cette cité idéale. La charte fondatrice de cette ville, érigée à partir de 1968, explique qu’Auroville “sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner son corps vivant à une unité humaine concrète”.
Un peu obscure pour moi mais le repas, suivi d’une longue balade à travers la ville et la forêt me fait comprendre que le rêve est de construire une cité, une Société même, à partir de tout ce que les habitants auront trouvé de positifs dans les civilisations existantes, tant sur le point de vue architectural, que social. Une cité utopique, probablement, mais si les habitants sont heureux, que dire ? Beaucoup d’interaction avec les alentours, de sensibilité écologique.
Bref, une expérience intéressante et une journée encore une fois, sympathique et enrichissante.

Et demain, retour à Chennai pour une visite éclair, puis retour sur la Terre ferme, à la maison, à Bangalore.

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Tamil Nadu day 2: Pondichéry

Antoine | 30 September 2007

Le taxi, une vielle Excelensior, sans climatisation, nous emporte, à tombeau ouvert à travers la route qui nous mènera, vivant on l’espère, à Pondichéry.
Sans exagérer le moins du monde, nous avons passé plus de temps en contre sens sur cette mini autoroute, que sur notre file. Spécialité du chauffeur, le dépassement dans un virage, avec une préférence marquée pour la bande d’arrêt d’urgence de la voie opposée. Au début, l’adrénaline est bien présente, surtout lorsqu’on voit qu’en face, ce ne sont ni vélos, ni motos, mais bien des camions et des bus qui viennent gaiement à notre rencontre.
Enfin… je suis toujours la pour vous raconter cela, donc tout va bien !!
La voiture folle s’arrête enfin, dans une petite ville, calme, ensoleillée, bercée par de grands arbres qui apportent fraicheur et tranquillité aux petites rues propres qui la compose : Pondichéry.
Rue Dupuy, rue de la Marine, rue François Martin, tout, y compris les nombreux drapeaux français qui flottent doucement dans le vent marin nous rappelle la France.
Apres s’être installés à la guest house de Patricia, dans une maison chargée de bibelots et de peintures, nous voila partis à déambuler dans la ville à la recherche d’un petit restau que nous trouvons sans peine. Puis nous rejoignons la place du gouvernement et son grand jardin verdoyant pour finir vers l’église de Notre Dame de l’Immaculée Conception, décorée de statues baroques et de peintures aux couleurs criardes.

Ballade en fin de journée sur la promenade du bord de mer ou l’intégralité de la ville semble se retrouver chaque jour pour profiter de l’air frais du large et dévorer des épis de maïs grillés sur de petites roulottes en fer.

Diner le soir avec un couple d’amis, habitants d’Auroville, cité idéale dans le premier sens du terme, que nous visiterons le lendemain et revenons tranquillement à travers les rues déjà endormis de cette jolie ville.
Demain, donc, Auroville et le Matrimondir..

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Tamil Nadu day 1: Mahabalipuram

Antoine | 29 September 2007

Départ en avion a hélices, les moteurs vrombissent et l’appareil décolle difficilement de la piste de Bangalore. Direction pour quatre jours: le Tamil Nadul, cote Est de L’Inde.
Le programme était à l’origine de visiter uniquement Mahabali Puram, un petit village en bord de mer, surplombé d’un éperon rocheux, taillé de multiples temples à la gloire des Dieux Hindoux et d’Arjuna, un des héros de cette belle et fascinante mythologie.
Un vent chaud et humide nous acceuille à la sortie de l’avion, puis une voiture – non climatisée- s’extrait avec difficulté des embouteillages de la grande ville industrielle et poussiéreuse de Madras (Chennai).
Nous longeons la mer, passant devant des zones dévastées par le récent tsunami, et d’autres plus préservées.
Enfin, apres quelques heures de voyage, nous voila à Mahabalipuram.
Accompagné du guide bleu, nous naviguons, avec Olivier (les autres du groupe d’expatriés n’ayant pu avoir leur lundi, sachant que le mardi était férié grâce à Gandi), nous passons par le pot de beurre de Shiva (qui adorait, étant petit chaparder du beurre à ses amis les bergers), énorme monolithe posé en équilibre sur un plateau rocheux.
Puis, passant des groupes de singes placides et des grappes de chêvres placides, nous grimpons des promontoires, découvrant une vue magnifique sur la baie du Bengale, nom qui évoque je suis sur chez beaucoup des histoires de livres qu’on lisait petits.
Retour presque au niveau de la mer pour s’émerveiller devant une gigantesque fresque sur laquelle on peut voir l’histoire d’Arjuna, qui, par sa bravoure et son ascétisme, gagna les faveurs de Shiva qui lui octroya le privilège d’invincibilité.
Un jeune indien sculpteur s’est improvisé guide et nous raconte dans un francais quasi parfait, les légendes anciennes qui déroulent leurs histoires devant nous.
Les habitants de Mahlabipuram ne sculptent plus les montagnes depuis le VII e siecle, mais ont gardé un savoir faire qui transforme les rues en chantiers permanents ou s’entassent les ateliers de sculptures à ciel ouverts, ou l’on voit des vieillards comme des enfants transformer des blocs de pierre en statues délicates et gracieuses de Vishnu, Shiva, ou Krishna.
Diner bien mérité au Moonraker à base de crabes et de grosses crevettes puis préparation de la journée de demain avec un changement de programme. Il nous reste a voir les temples protégés par l’UNESCO et après, direction Pondichery.
Un plongeon dans la piscine, puis dans un sommeil profond, et une nouvelle journée commence

Le début de la journée nous emmena dans un voyage incroyable au sein de temples protégés par l’UNESCO, eux aussi comme ceux de la veille, creusés et sculptés dans la pierre. En bord de mer, le temple du Rivage est entouré par une rangée de bœufs pétrifiés, puis dans une deuxième enceinte, se mélangent des biches, des chiens et des figures d’épouvantes de Dieux hindous. Il faudrait visiter ce temple au lever ou coucher de soleil. Nous n’en avons pas eu le temps, mais la lumière doit être superbe. Puis direction un peu plus au nord pour voir trois temples protégés par un éléphant majestueux et un lion qui ne l’est pas moins.
Un vrai bonheur tout ca.
Mais l’heure du “taxi” arrive et nous quittons Mahabalipuram avec pas mal d’images dans les yeux et en espérant beaucoup de Pondichéry.

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Many people - and I think I am one of them - are more productive when they've had a little to drink. I find if I drink two or three brandies, I'm far better able to write.
David Ogilvy

Edito

Depuis août 2007 à Bangalore, dans le sud de l'Inde, je réalise deux rêves : découvrir l'Inde et écrire.
Quotidiennement ou presque, je vous rapporte ici ce qu'il m'est donné de voir, de capter et d'apprendre sur et de ce fascinant pays.
Je vais tacher de vous faire sentir cette Inde incroyable, rude parfois, mais chaque jour plus attachante... et espère que vous comprendrez pourquoi, les six mois de détachement chez Ogilvy & Mather Bangalore se sont transformés en un an, puis un an et demi, et qui sait?

Alors bonne lecture et surtout laissez moi des commentaires, c'est un bonheur toujours renouvelé que de voir vos réactions !

A bientôt

Antoine Heftler-Louiche
antoinehl (arobase) gmail (point) com

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